Trop de HDR tue le HDR

Dans Google+ on trouve plein d’utilisateurs qui profitent du système intégré « picasa » de Google, permettant une gestion très pratique des albums photos et de leur partage, pour mettre à la disposition de nos yeux ébahis leurs meilleures photographies. Au moins pour la photo, Google+ sert à quelque chose. On peut donc y voir quantité d’oeuvres diverses et variées de photographes mondialement connus et d’amateurs plus ou moins éclairés…

Si j’ai déjà fustigé les Instagram et autres procédés de retouches rapides (sépia / vintage) qui n’apportent rien, ni aux images, ni à l’art photographique, je souhaite aujourd’hui pousser un coup de gueule contre le nombre d’images HDR qu’on voit passer, de plus en plus, chaque jour davantage…

Pour résumer le HDR, vous prenez 2 photos, ou plus, de la même scène en modifiant l’exposition à chaque fois. Puis vous assemblez toutes les images en une seule pour n’en garder que les « meilleures » parties, et en l’occurence les parties les « mieux » exposées. Photoshop par exemple propose une automatisation du procédé depuis la version CS5, et des logiciels dédiés permettent à n’importe quel débutant de réaliser ce type d’image.

Si cette technique ingénieuse, permise facilement par le numérique, peut apporter une touche onirique ou surréaliste, peut unifier certains contrastes d’une scène complexe comprenant plusieurs sujets différemment éclairés, et je vous invite à lire l’excellent livre de Michael Freeman sur le sujet (dont une nouvelle édition est annoncée pour février 2012), force est de constater qu’elle est aujourd’hui majoritairement utilisée pour produire des images de paysages aux couleurs saturées et aux contrastes impossibles…

Je vois donc passer 40 fois par jour les mêmes images de paysages, pourtant à la base naturels, qui se retrouvent plongés sous les mêmes ciels -bleu violent, les mêmes nuages -blanc nacré, les mêmes chutes ou plans d’eau -aux reflets turquoise, même si le soleil n’était pas disponible aux moments des clichés, tandis que les parties boisés ou herbeuses ressemblent à la pelouse artificielle du stade du Moustoir… Bref, les jolis paysages de mère Nature se retrouvent coloriés artificiellement et perdent tout leur charme, tandis que les images piquent les yeux par leur saturation.

Cette production quasi-industrielle d’images HDR sans aucun intérêt est une vilaine mode !

Règle de base en photo, comme en mode, et sans doute comme en littérature ou en peinture :  une bonne retouche est une retouche qui ne se voit pas.

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